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Actualités

Accueil > Écart de productivité Europe – Etats-Unis – décembre 2025

Écart de productivité Europe – Etats-Unis – décembre 2025

Réalisée pour le compte de l’Institut européen des employeurs (EEI), une étude comparative entre la productivité en Europe et aux Etats-Unis a été menée par Rexecode au cours du second semestre 2025. Elle révèle que cet indicateur a augmenté à un rythme nettement moindre sur notre continent ces trois dernières décennies, écart dont les causes semblent multiples et qui s’est amplifié sur la période récente.

Décrochage de l’Europe malgré des situations nationales contrastées

L’étude de l’Institut européen des employeurs consacrée à la productivité dans deux des principales zones économiques du monde a fait l’objet de trois publications dans la seconde partie de 2025, déclinées de la façon suivante : revue de la littérature et des principales tendances des dernières décennies, analyse granulaire des écarts de productivité entre l’Europe et les États-Unis (par pays, par secteur, par facteur) et, enfin, examen des tendances constatées depuis la pandémie.

Définie comme le rapport entre la valeur ajoutée dégagée par les entreprises (en volume) et les effectifs (ici représentés par le total des heures rémunérées des salariés et indépendants), la productivité est un déterminant primordial de l’amélioration du niveau de vie à long terme. Or, selon la base de données de référence EU-KLEMS, entre 1995 et 2019, celle-ci s’est raffermie d’environ 38 % en cumulé dans l’Union européenne à 27 sur le champ de l’ensemble de l’économie (+ 1,4 % l’an en moyenne), en regard de + 62 % aux États-Unis (+ 2 %). Plusieurs observations peuvent être faites :

  • La première période (1995-2007) a vu la productivité augmenter plus rapidement dans les deux zones (+ 1,8 % l’an en Europe et + 2,8 % l’an aux États-Unis) que lors de la seconde, marquée par l’apparition de la grande crise financière (respectivement + 1 % l’an et + 1,2 % l’an entre 2007 et 2019) ;
  • Au sein même de notre zone monétaire, les résultats ont divergé entre les économies ces dernières décennies, puisque les plus grandes d’entre elles (Allemagne, France, Italie, Espagne, Pays-Bas, Belgique) ont connu une faible avance relative de leur productivité horaire, alors que celle calculée pour les nations de l’Est (entre autres, Pologne, Roumanie, Lettonie)- stimulée par un certain rattrapage des niveaux de vie- a souvent été plus soutenue qu’aux Etats-Unis. Compte tenu de leur poids, l’Allemagne et la France ont tout de même contribué le plus à l’évolution de la productivité globale de l’Union européenne, quoique la Pologne a talonné de très près notre pays ;
  • La sous-performance de l’Hexagone par rapport au territoire américain est entièrement attribuable à l’insuffisance d’investissement en actifs liés aux technologies de l’information ou non (il ne tient en effet pas à un déficit de productivité totale des facteurs, mesure résiduelle souvent expliquée par l’innovation technologique et organisationnelle) ;
  • La hausse de 38 % de la productivité européenne sur la période 1995-2019 mentionnée plus haut tient aux trois-quarts à la croissance de la productivité à structure constante d’heures travaillées et au quart restant à l’évolution de la structure des heures (autrement dit, en moyenne, la part de ces dernières a eu tendance à progresser dans les secteurs et les pays les plus productifs du continent) ;
  • Toujours en Europe et sur ce laps de temps, l’industrie manufacturière a contribué à hauteur d’un tiers à l’augmentation de la productivité de l’ensemble des branches d’activité et l’agriculture à environ 18 %, alors que, à l’inverse, l’hôtellerie-restauration et la construction ont contribué négativement ;
  • L’un des enseignements marquants de l’étude est que le retard de productivité de l’Union européenne est observé dans tous les grands secteurs, à savoir dans la construction (écart de 23 % en niveau en défaveur de l’Europe en 2024), l’industrie manufacturière (- 27 %), l’information-communication (- 48 %), les services à la personne (- 49 %), l’agriculture (- 57 %).

Le choc du Covid

L’écart de productivité entre les deux espaces s’est accentué en fin de période : entre 2019 et 2024, la hausse de l’indicateur a été limitée à 2,6 % en cumulé dans l’Union à 27 contre quasiment + 10 % outre-Atlantique, sous l’effet notamment de la mise en place du chômage partiel dès le printemps 2020 en Europe, du boom de l’apprentissage en France et d’une forte rétention de main d’œuvre dans certains secteurs industriels ; le taux d’emploi a ainsi gagné 2 points en cinq ans dans l’Union européenne alors qu’il n’a guère varié de l’autre côté de l’Atlantique, la hausse de ce ratio s’accompagnant généralement d’un repli de la productivité selon la littérature économique (intégration de personnes moins qualifiées, formes d’emploi moins génératrices de gains de productivité) ; de surcroît, l’Europe a été spécialement exposée à la crise énergétique après le début du conflit en Ukraine, et, l’environnement réglementaire toujours plus complexe a entravé la compétitivité des entreprises au lieu de soutenir leur capacité d’innovation. Enfin, l’IA générative se diffuse à grande vitesse aux États-Unis : selon les informations délivrées par l’OCDE il y a quelques jours, à l’été 2025, le montant des dépenses en construction du privé dédiées aux centres de données se rapprochait de celui en bureaux, alors que les premières étaient cinq fois inférieures aux secondes il y a moins de trois ans ! Enfin, l’examen du numérateur dévoile que, au cours des cinq derniers exercices, la valeur ajoutée des entreprises a grimpé à un rythme deux fois moindre (+ 6 % en Europe contre + 12,5 % aux États-Unis), pour partie en raison de la quasi-stabilité enregistrée en Allemagne.

Au final, en 2024, la productivité était estimée à 72 $ par heure dans l’Union européenne et à 116 $ aux États-Unis (chiffres en parité de pouvoir d’achat), correspondant à un écart de 38 % alors que les deux zones affichaient des performances comparables au milieu des années quatre-vingt-dix. En dépit donc des précautions méthodologiques rappelées dans ces travaux (différences potentielles dans la mesure des heures travaillées, partage imparfait du partage volumes/prix, etc.), l’Europe a clairement perdu du terrain ces trente dernières années, de sorte que, en conclusion, il est recommandé : « l’Union européenne doit passer d’un modèle riche en emplois mais à faible productivité, … à une réponse stratégique coordonnée à grande échelle, comprenant des investissements massifs dans le capital numérique, une intégration approfondie des marchés et une simplification réglementaire, afin de favoriser une croissance économique durable et à haute productivité ».

Décembre 2025 – Écart de productivité Europe – Etats-Unis

Chiffres clés

  • – 24 points de % : écart entre la variation cumulée de la productivité horaire en volume dans l’UE à 27 et aux États-Unis entre 1995 et 2019
  • +107 % : variation de la productivité dans le secteur de l’information-communication entre 1995 et 2019 dans l’UE à 27
  • +219 % variation de la productivité dans le secteur de l’information-communication entre 1995 et 2019 aux États-Unis
  • + 14 points de % : contribution de la France à la hausse de 38 % de la productivité dans l’UE à 27 entre 1995 et 2019
  • +6,8 % : variation de la productivité horaire dans l’industrie manufacturière entre 2019 et 2024 dans l’UE
  • + 3,4 % : variation des heures travaillées entre 2019 et 2024 dans l’UE à 27
  • + 2,6 % : variation des heures travaillées entre 2019 et 2024 aux États-Unis
  • 2 : nombre de pays de l’UE à 27 où la productivité horaire dépassait celle des États-Unis en 2024 (Irlande et Luxembourg)

CONTACTS

Mathieu PERAUD

Délégué Général

02 99 87 42 87

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