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Des pertes d’emplois dans l’industrie contenues au regard de la crise

Face au choc traversé par les entreprises françaises, le marché du travail se montre plutôt résilient : alors que leur valeur ajoutée a plongé de 11% en moyenne annuelle 2020 dans l’industrie, les effectifs ont dans le même temps reculé d’environ 3%.

Les multiples mesures de soutien ont, il est vrai, permis de limiter les suppressions de postes, au premier rang desquelles l’activité partielle, qui a concerné nettement plus d’un million de salariés au début de la crise.

Trois fois moins de pertes d’emplois que lors de la dernière récession

Les statistiques de la Dares et de l’Insee montrent que 87 000 pertes nettes d’emplois sont intervenues dans l’industrie entre fin septembre 2019 et fin septembre 2020 (intérimaires compris).

La branche de la métallurgie a concentré environ 70% d’entre elles, notamment en raison du recul dans les secteurs des matériels de transport (aéronautique) et des produits métalliques (sidérurgie, usinage, structures métalliques, etc.). Ce mouvement, qui s’est surtout manifesté lors des toutes premières semaines de l’apparition de la pandémie, n’a rien à voir avec celui observé lors de la crise financière de 2009. A cette époque, le recul de l’activité industrielle avait été à peine plus prononcé qu’en 2020 : entre les premiers trimestres de 2008 et de 2009, 260 000 suppressions d’emplois avaient été comptabilisées, soit trois fois plus que ces quatre derniers trimestres. L’ampleur du recours à l’activité partielle était en effet tout autre : en moyenne, moins de 240 000 salariés de l’industrie avaient été concernés par ce dispositif chaque mois au printemps 2009, contre 1,1 million entre mars et mai 2020. Depuis, le chiffre a reflué, pour s’établir à 263 000 au mois de décembre, de sorte que 9% du stock de salariés était en activité partielle dans l’industrie.

En glissement annuel, l’emploi dans l’industrie a ainsi reculé de 2,5%. La remontée à l’été permettant à peine de compenser la moitié des pertes du premier semestre. Parallèlement, celui mesuré dans les services marchands s’est replié de 1,8% (moyenne recouvrant par exemple -0,4% dans le commerce mais -6% dans l’hébergement-restauration), tandis qu’une hausse s’est amorcée dans la construction (+0,8%).

La variation par taille d’entreprise est seulement déclinée hors intérim ; selon l’Acoss, dans l’industrie, la diminution en glissement annuel au troisième trimestre se révèle plus significative pour les unités de moins de dix salariés que pour les autres : -2,6% contre -1,4%.

Une divergence est par ailleurs observée au niveau territorial : la contraction des effectifs est évaluée à 2,5% en Centre-Val-de-Loire et en Bourgogne-Franche-Comté, alors qu’elle s’inscrit en deçà de 1% en Occitanie, en Bretagne et dans les Pays de la Loire.

Moins de fins de contrat malgré la montée en puissance des licenciements économiques

Les évolutions de l’emploi résultent par nature de la différence entre les flux d’entrées et de sorties, que la Dares a rendus publics récemment après une interruption de diffusion durant plusieurs trimestres. En France, le repli sur un an des effectifs de l’industrie au troisième trimestre 2020 provient en premier lieu d’une contraction des embauches au sens large : en intérim, mais aussi en CDD et en CDI (respectivement -18% et -24% par rapport au troisième trimestre 2019).

Pendant ce temps, la vive dégradation de la conjoncture a entraîné une diminution des sorties du marché du travail, même si celle-ci s’est avérée moins marquée que celle des recrutements : les CDD arrivés à leur terme, qui représentent la moitié du total des fins de contrat, ont en effet reculé de 18%, les démissions de 22% et les licenciements non économiques d’environ 9%. A l’inverse, les ruptures conventionnelles et, surtout les licenciements économiques, ont bondi ; entre début mars 2020 et début janvier 2021, le seul secteur manufacturier (industrie hors énergie) a concentré 36% des ruptures de contrat de travail envisagées dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi contre par exemple 19% pour le commerce et 10% pour le transport.