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Des créations d’emplois de nouveau soutenues en 2022

Les variations de l’emploi enregistrées au cours des 3 dernières années ont défié toutes les prévisions. Celui-ci a en effet progressé beaucoup plus rapidement que l’activité, mouvement observé dans la plupart des secteurs. La productivité a ainsi décroché.

Un taux d’emploi record

Le nombre de salariés du secteur privé a franchi pour la première fois la barre des 21 millions à la fin 2022 en France, selon les statistiques diffusées par l’Insee. Depuis la fin 2019, il a grimpé de 1,1 million, soit de 5,6 %. Près de la moitié du mouvement tient au boom du nombre d’apprentis – lui-même lié à la mise en œuvre de dispositifs d’aide à l’embauche au cours des dernières années -, qui a atteint 942 000 en décembre (975 000 en incluant ceux du secteur public).

Tous les grands secteurs ont vu leurs effectifs se renforcer depuis 3 ans, au premier rang desquels les services marchands (+ 6,7 %), portés en particulier par l’information-communication (+ 13 % hors intérim), les activités juridiques, comptables et d’ingénierie (+ 12,6 %), la restauration (+ 8,2 %) et le commerce de gros (+ 5,7 %). Sur la période, une progression de 6,5 % a été enregistrée dans la construction, et, de 1,8 % dans l’industrie, tirée surtout par les créations de postes intervenues dans l’agroalimentaire. À l’inverse, une contraction de 9 % a été relevée dans l’automobile, de sorte que, au total, les effectifs de la métallurgie demeurent en retrait de 0,6 % par rapport à leur niveau d’avant la pandémie.

Le taux d’emploi des 15-64 ans s’est certes stabilisé au quatrième trimestre 2022 en ligne avec des créations de postes moins nombreuses mais il se situe à un niveau inédit : 68,1 % de la population de cette classe d’âges en moyenne annuelle, après 67,3 % en 2021. Il demeure inférieur à celui de la zone euro (69,5 % après 67,9 %), bien que dépassant ce dernier lorsqu’il est mesuré auprès des 25-54 ans et qu’il s’en rapproche chez les 15-24 ans. En effet, à 36,6 %, le taux d’emploi des 60-64 ans dans l’Hexagone est inférieur de près de 13 points à la moyenne européenne ; seuls 3 pays affichent un résultat plus faible, alors que l’Espagne et l’Allemagne enregistrent un ratio de respectivement 47,4 % et 63,5 %.

Vigueur des embauches et arrêt de la hausse des démissions dans l’industrie

La progression des effectifs en France tient en premier lieu à la vigueur des embauches. C’est par exemple le cas dans le secteur industriel, où elles ont augmenté de près de 8 % entre 2021 et 2022 ; 48 % des recrutements hors intérim ont porté sur des contrats en CDI contre 43 % un an plus tôt, ratio qui s’est même élevé à 57 % dans la seule branche de la métallurgie. Dans ce contexte, les difficultés de recrutement n’ont jamais été aussi intenses selon les résultats de l’enquête mensuelle de l’Insee publiée depuis 1991, de sorte que le taux d’emplois vacants a doublé en l’espace de quelques trimestres ; à 2,2 %, celui-ci est identique au ratio calculé pour les services marchands mais inférieur de quelques dixièmes de point à celui de la construction. Soulignons toutefois que les statistiques publiées par l’Acoss pour les mois de janvier et février 2023 témoignent d’une inflexion des recrutements dans l’industrie (à ce stade, seuls sont connus ceux d’une durée supérieure à 1 mois).

De leur côté, les sorties du marché du travail dans l’industrie ont peu varié au cours des derniers trimestres, à l’image des démissions, qui s’étaient envolées en 2021. Ces dernières restent le deuxième motif parmi ceux mesurés par la Dares (elles représentent 22 % du total des fins de contrat), loin derrière les CDD arrivés à terme (42 %) mais loin devant les licenciements non économiques (10 %).

Par ailleurs, sur les 100 000 salariés du secteur privé placés en activité partielle chaque mois en moyenne lors du dernier trimestre 2022, 66 000 exerçaient dans l’industrie, notamment dans l’automobile (27 000 dans l’ensemble des matériels de transport, sans détail par sous-secteur) ; le chiffre est ramené à 11 500 lorsqu’il est exprimé en équivalents-temps plein.

Un repli de la productivité particulièrement marqué depuis 3 ans

Calculée à partir des comptes nationaux, la productivité par tête dans les secteurs marchands non agricoles (valeur ajoutée en volume rapportée à l’ensemble des effectifs salariés et non salariés) a diminué de 4 % entre fin 2019 et fin 2022. Exprimée par heure, elle moins reculé (- 3 %), compte tenu d’une hausse du volume horaire travaillé un peu moins marquée que celle du nombre de personnes physiques. Le décrochage concerne nombre de branches, en particulier la construction mais aussi l’industrie (- 7,5 % par tête dans cette dernière et – 5,8 % par heure), en liaison avec la chute d’activité observée sur la période dans l’énergie et plus encore dans les matériels de transport. De surcroît, la vive croissance du nombre d’apprentis et le recours prolongé à l’activité partielle dans certains cas ont aussi eu un effet, de sorte que, au total, notre pays affiche un résultat atypique : la productivité par tête dans l’industrie s’est accrue en Italie et aux Pays-Bas, s’est maintenue en Espagne et a reflué d’à peine 1 % en Allemagne.

Chiffres clé :

  • + 0,2 % : variation de l’emploi privé en France entre le T3 et le T4 2022
  • 82,7 % : taux d’emploi des 25-54 ans en 2022
  • 40 000 : créations nettes de postes dans l’industrie entre le T4 2021 et le T4 2022
  • 48 000 : démissions dans l’industrie au T4 2022
  • 64 % : part des chefs d’entreprises de l’industrie éprouvant des difficultés de recrutement en janvier 2023
  • – 32 % : variation de la valeur ajoutée dans les matériels de transport entre le T4 2019 et le T4 2022
  • – 9,9% : variation du volume des heures travaillées dans les matériels de transport entre le T4 2019 et le T4 2022

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Mathieu PERAUD

Délégué Général

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